Le 329° Régiment d'Infanterie dans la Grande Guerre

18 janvier 2018

Charles François VALLET

 

Il est né le 3 avril 1877 à Montrouge dans l’ancien département de la Seine (aujourd’hui Hauts-de-Seine).

Quand il passe le conseil de révision, à l’Isle-Adam, en Seine et Oise (aujourd’hui Val d’Oise), il demeure à Mériel où il est domestique.

Il a les cheveux châtains, les yeux gris, et mesure 1,55m.

Il sait lire et écrire. Il est classé service auxiliaire.

Le  28 juillet 1903, il épouse, à Sartrouville (Yvelines), Marie Eugénie Victorine Driancourt avec laquelle il aura 3 fils.

Le couple s’installe à Cormeilles-en-Parisis (Val d’Oise) en 1911, avant la naissance de leur 3ème fils, et Charles Vallet est employé comme briquetier à l’usine Lambert, qui produit du plâtre en vrac provenant du gypse d’une carrière proche, et fabrique des cloisons en carreaux de plâtre ; cette usine existe toujours et appartient au groupe Placoplatre.

Classé service armé le 12 décembre 1914, il intègre le 13ème régiment territorial d’infanterie le 9 février 1915 ; cette unité, rattachée à la VIème Armée, n’est pas engagée sur le front, et effectue des travaux, des gardes de terrains d’aviation, l’entretien de routes.

Il  passe au 228ème régiment d’infanterie le 29 novembre 1915, avant d’arriver quelques jours plus tard, le 3 décembre, au 329ème régiment d’infanterie ; il est affecté à la 23ème compagnie. Le régiment est à Vic-sur-Aisne

Le 4 juillet 1916, le régiment est engagé dans l’offensive de la Somme.

Pendant plusieurs jours, il va livrer des combats incessants qui lui coûtent des pertes importantes ; Charles François Vallet est blessé le 13 juillet à la cuisse droite par éclats d’obus ; le JMO fait état de violents bombardements qui occasionnent la perte de 41 hommes, 9 tués et 32 blessés.

Les blessures reçues nécessiteront l’amputation de la jambe droite.

Charles François Vallet est admis à l’ambulance 9/1, puis est transféré à l’hôpital d’évacuation de Wiencourt (Somme) le 19 juillet ; il en part le 4 août pour l’ambulance 12/1, à Cayeux-en-Santerre (Somme), où il décède le 12 août.

D’abord inhumé au cimetière de Cayeux-en-Santerre, le corps de Charles François Vallet est transféré à Cormeilles-en-Parisis, où il est inhumé le 10 juillet 1922 dans le carré militaire du cimetière de la côte Sainte-Avoie

 

1- Photo de la tombe de vallet Charles François bis à Cormeille

 

Charles Vallet a été décoré de la Croix de Guerre avec palme, et de la Médaille Militaire.

Son nom figure sur trois monuments aux morts de Cormeilles-en-Parisis : à l’Hôtel de Ville ; place du 11 Novembre et à l’église Saint-Martin.

(Merci à Jean-Pierre Vallet, petit neveu de Charles Vallet, pour tous les renseignements qu’il m’a communiqués).

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03 janvier 2018

Août 1914

Au 4° jour de la mobilisation, le 5 août 1914, l'ordre de bataille du 329° est le suivant :

 

jmo2bis

 

 

L'effectif du régiment est de 38 officiers, 111 sous-officiers, 2091 hommes de troupe et 110 chevaux.

L'état major du régiment, ainsi qu'une section de mitrailleuses et le 5° bataillon, quittent Le Havre , par chemin de fer, le 10 août 1914 à 4h19. Le reste du régiment, soit une section de mitrailleuses et le 6° bataillon, s'embarquent à 8h59.

La destination est Clermont-les-Fermes, au nord-est de Laon, puis Tavaux et St Pierremont dans l'Aisne (11 août). Cette première marche, effectuée sous la chaleur, s'avère pénible pour les hommes. Le lendemain, la progression vers le nord se poursuit sous la chaleur, pour atteindre Laigny (EM et 6° bataillon), Voulpaix (17° et 18° compagnies du 5° bataillon) et Haution (19° et 20° compagnies du 5° bataillon).

Le 329° est placé en réserve de la 53° division de réserve (général Valabrègue), et participe, avec les autres régiments de la 106° brigade (224° et 228° RI), à l'organisation de travaux défensifs dans la vallée de l'Oise.

Le 21 août, nouveau départ, toujours vers le nord, en direction de Froidestrées et Laizy , puis La Capelle, Avesnes s/ Helpe et Jeumont, à la frontière franco-belge; le 23 août le 6° bataillon reçoit l'ordre de défendre le passage des ponts sur la Sambre et le bois de Jeumont. Le chef de bataillon Allié, qui commande le 6ème bataillon, reçoit l'ordre du colonel Masson, qui commande la 106ème brigade, de mettre le feu au dispositif du pont de Jeumont s'il est attaqué par des forces auxquelles il ne peut résister.

Le 25 août, à 3 heures du matin, le général Valabrègue donne l'ordre de retraite. Le régiment est placé en avant garde de la 106° brigade. Il cantonne le soir à Dompierre sur Helpe.

Le 26 il est à Marbaix  (Nord) où le 6° bataillon essuie de violents tirs ennemis et connaît ses premiers morts. Le chef de bataillon Allié dresse un rapport sur les événements de la journée "nous avons été attaqués vers 14h00, alors qu'on rentrait de reconnaissance vers Moyelles, par de la cavalerie, une compagnie de mitrailleuses, et 2 batteries de campagne". Les pertes de la journée sont de 40 hommes tant tués que blessés; plusieurs cadavres sont restés sur la grande route où il a été impossible d'aller les chercher.

Le 28 août, c'est la bataille de Guise où est engagé le 5° bataillon (commandant Garçon)  qui occupe la voie ferrée au sud de Flavigny-le-Grand. A 15h45, le bataillon quitte son emplacement et part rejoindre la 53° DR vers le sud-ouest. Les Allemands occupent aussitôt la voie ferrée.

3 compagnies sont engagées sur la ferme de la Jonqueuse. A 18h00, le lieutenant-colonel reçoit l'ordre de porter son bataillon, renforcé par un bataillon du 224ème RI, au sud et au sud-ouest de Guise, avec interdiction de descendre dans la vallée de l'Oise. Une compagnie devra venir en soutien d'un groupe d'artillerie vers La Désolation; c'est la compagnie Le Traon (17ème), qui s'y rend. Les autres compagnies reçoivent mission de s'emparer de la ferme Couvron, signalée occupée par l'ennemi. Mission accomplie vers 20h00; les autres objectifs étaient atteints le 29 au soir, vers 21h30.

Le 30, le bataillon Garçon, fatigué, vient se reposer à La Jonqueuse où il retrouve les compagnies du 224ème, et quelques éléments du 329ème.

Un brouillard épais recouvre tout le secteur; l'ennemi en profite pour lancer une violente attaque contre la Jonqueuse, et engage de l'infanterie, de la cavalerie et plusieurs mitrailleuses.

Une méprise se produit alors; une des compagnies du 329ème croit reconnaître, en l'ennemi, des Anglais; le lieutenant-colonel fait sonner le "cessez le feu"; sonnerie reprise par l'ennemi qui intensifie la fusillade, profitant de la méprise. L'ennemi est finalement repoussé, grâce notamment à l'action de la CM5 commandée par le lieutenant Nansé.

Le bataillon perd plusieurs hommes dont le Capitaine Halphen qui commandait la 18° Cie,  porté disparu le 29 août à la Jonqueuse, et le sous-Lieutenant Marjollin, ainsi qu'une quinzaine d'hommes mis hors de combat.

De son côté, le 6ème bataillon, avait ordre de défendre les passages de l'Oise et de tenir le pont de Flavigny. Dans la matinée du 28, quelques patrouilles de Uhlans se présentent, rapidement repoussées. Vers 13h00, l'attaque est prononcée, d'abord par un violent feu d'artillerie, bientôt suivi par une vigoureuse attaque d'infanterie et de mitrailleuses. Le 228ème est obligé de se replier, les unités de la 69ème DI ayant lâché pied sans prévenir le commandant Allié, ce dernier est obligé de manoeuvrer pour éviter d'être encerclé. Les compagnies se replient en toute hâte, laissant leurs blessés; le commandant Allié, révolver au poing, empêche certains hommes de franchir les limites qu'il avait fixé à ce repli, à la corne du bois de Puisieux.

Le commandant Allié loue le courage, le sang froid, l'énergie du lieutenant Convert, qui a contribué à maintenir les hommes à la corne du bois: "les blessés étaient affolés par un feu d'artillerie très nourri et très ajusté". De même, il signale la bravoure du sergent Ruffenacht, de la 23ème compagnie, qui est retourné chercher, près d'un passage à niveau, les blessés qui avaient été abandonnés:"ce sergent, qui est de l'active, et qui a son brevet de chef de section, mérite d'être nommé sous-lieutenant".

La retraite se poursuit sans relâche jusqu'au 5 septembre. La veille, Joffre adresse l'Ordre Général n° 6 "...Toutes dispositions seront prises dans la journée du 5 septembre en vue de partir à l'attaque le 6".

La bataille de La Marne peut commencer.

 

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15 décembre 2017

Félix Georges Emile ALLIE

AlliéFélix Georges Emile ALLIE est né le 22 février 1863 à Avesnes (Nord).

Son père, chevalier de la Légion d'Honneur, est capitaine adjudant-major au 47ème régiment d'infanterie de ligne à Avesnes.

Le 23 février 1884, à la mairie de Versailles, il s'engage pour 5 ans au 127ème régiment d'infanterie de Valenciennes. Il sera successivement caporal, caporal fourrier, sergent, sergent fourrier, sergent major, avant d'entrer à Saint-Maixent le 16 avril 1888.

Il en ressort le 18 mars 1889 avec le grade de sous-lieutenant; il est affecté au 156ème régiment d'infanterie à Toul.

Il est nommé capitaine le 17 avril 1898, et passe au 10ème régiment d'infanterie en qualité d'officier d'ordonnance, poste qu'il occupe auprès de plusieurs généraux entre 1898 et 1904.

Il est promu chef de bataillon le 24 décembre 1910, et passe au 17ème régiment d'infanterie, régiment languedocien qui refusa de s'opposer aux viticulterus lors de leur révolte de 1907.

Le 9 mai 1913, il arrive au 129ème régiment d'infanterie du Havre; le 5 août 1914, il prend la tête du 6ème bataillon du 329° RI.

Le 14 septembre 1914, alors que le 329ème est engagé dans une violente bataille dans le secteur de Berry-au-Bac (Aisne), Félix ALLIE est frappé par une balle qui lui traverse la main gauche; il est évacué.

Il revient au 329ème le 10 décembre 1914, et le quitte le 11 janvier suivant; il est nommé lieutenant-colonel au 308ème régiment d'infanterie; il est de nouveau blessé, le 8 janvier 1916, par une balle à l'épaule droite, puis, le 17 août 1916, par un éclat d'obus au genou gauche alors qu'il allait voir les blessés au poste de secours.

Il est nommé colonel au 1er régiment d'infanterie en 1921.

Félix Allié est commandeur de la Légion d'Honneur, et a été cité 9 fois durant le conflit.

 

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13 décembre 2017

Pierre Marie Etienne BLANCHON

1915 Pierre Blanchon 129e RI LL 1200 (blog)

 Pierre Marie Etienne BLANCHON est né le 29 juin 1894, à 6 heures du soir, à Versailles, alors dans le département de Seine et Oise.

 Il est baptisé dans la cathédrale Saint-Louis de Versailles.

 Après un court passage à l'école des frères, il fait ses études à l'Institution Notre-Dame de Grandchamp à Versailles, où il fait sa première communion le 12 juin 1904.

 C'est un très bon élève; son livret scolaire le définit comme un garçon intelligent, à l'esprit très vif. Il devient bachelier en philosophie.

 Il entre à l'Institut Catholique à Paris avec l'ambition de devenir inspecteur des finances.

C'est un sportif, qui aime le tennis, le patinage, le hockey sur glace, le tir à la carabine; il acquiert un vélo, et plus tard il possèdera une moto.

 Il se passionne pour l'aviation, qui n'en est qu'à ses balbutiements.

 Il vient de passer sa licence en droit quand la guerre éclate. Il est immédiatement appelé sous les drapeaux, faisant partie de la classe 1914.

 Sa fiche matricule le dépeint assez grand, 1m75, avec les cheveux bruns et les yeux gris-bleu.

 Initialement affecté dans une section de secrétariat d'état major, il se porte volontaire pour servir dans un régiment d'infanterie. Il rejoint le 129° régiment d'infanterie le 4 septembre 1914, et est nommé caporal le 14 novembre suivant.

 Quelques semaines plus tard, il arrive au 329°.

 En juin 1915, il se distingue au Labyrinthe en rassemblant, sous la mitraille, des hommes de sa compagnie en train de fuir, et reçoit les félicitations de son chef de bataillon.

Dans une lettre adressée à un ami en juillet, il relate ces moments :

 

juillet15 c

juillet15 d

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Début septembre, le régiment arrive dans la Meuse qu'il quitte le 18 pour gagner la Marne. Le 25, le régiment, alors en réserve de corps d'armée, reçoit l'ordre de participer à l'attaque de la butte de Tahure; le 29, le régiment est engagé, dès 4h00 du matin, contre des positions ennemies fortement organisées. Les tranchées sont défendues par un réseau de fils de fer barbelés; Pierre BLANCHON et 3 de ses camarades sont arrêtés à quelques mètres de ce réseau; blessé à une jambe, Pierre BLANCHON continue de se battre pendant encore près de deux heures, tuant deux mitrailleurs ennemis, avant de recevoir une balle dans la figure qui le blesse mortellement.

 Son corps ne sera pas retrouvé.

 Le caporal BLANCHON est cité à l'ordre de l'armée : "le 29 septembre 1915, au cours de l'attaque d'une tranchée ennemie, blessé mortellement devant le réseau de fils de fer jusqu'où il avait emmené ses hommes en plaisantant pour soutenir leur moral, refusa de se laisser enlever par eux pour ne pas exposer, leur dit-il, inutilement leurs vies".

 Le nom de Pierre BLANCHON figure sur le monument aux morts, et sur la plaque commémorative 1914-1918 de la cathédrale Saint-Louis de Versailles, ainsi que sur le livre d'Or de l'Institut Catholique de Paris.

Je remercie Monsieur Didier Segal-Saurel pour les documents et photos qu'il a eu l'amabilité de me faire parvenir.

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11 décembre 2017

Pierre Adolphe Marie LAURRIN

shd 072Pierre Adolphe Marie Laurrin naît le 23/12/1877 à Caraman (Hte Garonne).

Le 26 octobre 1895, il s'engage pour 3 ans à la mairie de Versailles pour l'école militaire de Saint Cyr.

Il sort de Saint Cyr le 1er octobre 1897, et est affecté au 14ème régiment d'infanterie avec le grade de sous-lieutenant.

Promu lieutenant le 1er octobre 1899, capitaine le 23 mars 1910, il est nommé chef de bataillon à titre temporaire, et pour la durée de la guerre, le 21 septembre 1914. Il est alors au 7ème régiment d'infanterie où il  commande la 7ème compagnie, puis il prend le commandement du régiment.

Il arrive au 329° RI le 21 octobre 1915; il prend le commandement du 5ème bataillon.

Le 4 juillet 1916, le régiment est engagé dans l'offensive de la Somme. A 18h00, le lieutenant colonel Puntous est avisé que le commandant Laurrin vient d'être blessé par balle dans la nuque, et qu'il a passé le commandement du 5° bataillon au capitaine adjudant-major Hubert, mais a refusé d'être évacué. Il reprendra le commandement de son bataillon le 25 août.

Déjà cité à 3 reprises à l'ordre de l'armée, le commandant Laurrin l'est une nouvelle fois le 4 août 1916 pour son action le 4 juillet précédent, et la prise d'Estrées par son bataillon.

Quelques mois plus tard, le commandant Laurrin se distinguera de nouveau lors de la bataille de Noyon (mars 1918). Il est blessé le 25 mars à Guiscard, par éclats d'obus à la cuisse gauche et à l'abdomen. Il reçoit une citation.

Les appréciations portées par ses chefs sont de plus élogieuses "officier de valeur; beau soldat; officier supérieur de toute première valeur".

Evacué suite à sa blessure reçue à Guiscard, il est réintégré au 4ème régiment d'infanterie le 12 juillet 1918, puis est détaché pour prendre le commandement d'un bataillon du 505ème régiment d'artillerie d'assaut (régiment de chars de combat).

Aprés l'armistice, il est affecté au 504ème régiment de chars de combat où il fait fonction de chef de corps; il est nommé lieutenant colonel le 22 mars 1929.

Pierre Laurrin est officier de la Légion d'Honneur, et décoré de la Croix de Guerre avec 5 palmes.

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