Rucheton

 

René Rucheton était le frère aîné de mon grand père maternel, Antonin Rucheton.

René est né le 2 juillet 1896 à 6 heures du matin à Péron, canton de Collonges, arrondissement de Gex, dans le département de l'Ain. Il est le fils de Silvain Paulin Rucheton, maçon, et de Alexandrine Saquet, couturière, son épouse, mes arrières grands-parents maternels.

René était le 3° enfant de la famille. L'aîné, Marcel est né à Paris en 1888, puis vint Pauline en 1894. Antonin, mon grand père, est né en juin 1900 également à Péron.

Quelques années plus tard, la famille quitte Péron, et vient s'installer à Donzy dans le département de la Nièvre d'où est originaire Alexandrine Saquet.

René est recensé en 1915. Il porte le numéro matricule 332.

Sa fiche matricule indique qu'il avait les cheveux noirs et les yeux marrons. Son visage était rond, tout comme son menton, son nez rectiligne, sa bouche moyenne, et son front découvert.

René mesurait 1,68m.

Il possède le degré d'instruction 2; il sait donc lire et écrire.

René est incorporé au 29° régiment d'infanterie d'Autun, le régiment Dauphin, le 12 avril 1915.

Il participe aux durs combats menés par ce régiments dans la Meuse (Bois d'Ailly; Vaux Ferry; Apremont).

Le 15 août 1915, René quitte le 29° pour le 420° régiment d'infanterie nouvellement créé. On ne sait rien de son activité au sein de cette unité commandée par le Lieutenant Colonel Rimaud, et qui constituait, avec le 421°, la 316° brigade elle-même rattachée à la 158° DI.

En février 1916, le régiment arrive dans le Vexin, puis poursuit sa route vers l'Oise où il effectue "des travaux en vue de l' exécution d'une ligne de défense" (JMO).

En juin 1916, la division est mise à la disposition du Gouverneur de Paris. Elle effectue alors des travaux en vue de l'exécution d'une ligne de défense pour le camp retranché de Paris.

Le 420° est dissout le 22 août 1916 et passe à la 106° brigade.

René arrive au 329° régiment d'infanterie le 29 août 1916 (23° compagnie; 6° bataillon).

A cette même date, le JMO du 329° indique "A Bonneuil, le Lieutenant-Colonel présente le drapeau du 329° au 2° bataillon du 420° dont les hommes comptent, à partir de ce jour, au 329°. Chacune des compagnies anciennes fournit 40 anciens soldats à la compagnie correspondante du nouveau bataillon incorporé qui donne en échange 40 jeunes soldats".

Le régiment s'installe pour de longs mois dans l'Aisne et participe à de nombreux combats dans le secteur du Chemin des Dames.

Le 2 décembre 1917, à 22h30, sur le territoire de Corbeny (Aisne), une balle de mitrailleuse atteint René qui tombe mort. Il est relevé par l'adjudant brancardier Anquetil Albert et le brancardier Derrée Pierre.

A cette date, le JMO indique "l'artillerie ennemie augmente d'intensité; 740 obus, 25 minen et 37 bombes à ailettes sur nos tranchées de ligne et de soutien. Pertes : 1 tué".

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Corbeny a rendu hommage au 329° RI par cette plaque apposée

dans l'égise du village (merci à Stéphane Lineatte de généalogie-Aisne).

 

 

 

René est inhumé au cimetière de Pontavert (Aisne).

Un décret du 28 septembre 1920 autorise le rapatriement des soldats inhumés dans les cimetières du front.

Le corps de René Rucheton arrive par convoi ferroviaire, en gare de Cosne-sur-Loire (Nièvre), le 27 décembre 1921. Une cérémonie officielle a lieu, avec prise d'armes du 85° régiment d'infanterie de Cosne.

Les autorités civiles et militaires, ainsi qu'une compagnie du régiment de Cosne, rendirent les honneurs dans la cour de la gare.

L'inhumation a lieu le 29 décembre 1921 dans le carré V du vieux cimetière de Donzy le Pré où sa tombe est toujours visible.

 

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René Rucheton a été cité à l'ordre de l'Armée, décoré de la Croix de Guerre avec palme, et reçut, à titre posthume, du Ministère de la Guerre, la Médaille Militaire.

 

Son nom est gravé dans le Monument aux Morts de Donzy.

 


 
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