Le 5 juillet 1916, au lendemain de la mort de Théodore Puntous, l'héroïque "Barca" dont la mort est contée par ailleurs, le 329° a un nouveau chef, le Lieutenant-Colonel Marie Maurice ALBERT qui commandait précédemment le 236° RI.

 

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Le Général Lebouc, commandant la 53° DI, déclare, dans un ordre du jour du 5 juillet 1916 "le 329° peut reporter sur ce chef la confiance qu'il avait dans Puntous. Il la mérite à tous égards et le montrera aujourd'hui même".

Le Lieutenant-Colonel Albert arrive avec des appréciations élogieuses de sa hiérarchie, vient d'être nommé dans son grade à titre définitif, et de recevoir, des mains du Général commandant en chef, la croix d'officier de la Légion d'Honneur.

Le 29 août 1916, il accueille les nouveaux venus, ces jeunes de la classe 16 issus du 2° bataillon du 420° RI dissout quelques jours auparavant. Parmi ces nouveaux, René RUCHETON.

Le 10 avril 1917, le Colonel commandant l'infanterie divisionnaire de la 158° DI écrit "bon chef de corps, actif, vigoureux...a bien commandé son régiment dans l'offensive du 20 au 30 mars 1917 (débouché de la division au nord de Soissons)"

Le 12 mai, le Lieutenant-Colonel Albert est relevé de son commandement pour "manque d'énergie dans l'exercice de son commandement", puis mis à la retraite d'office le 15 août 1917.

Depuis fin avril, le 329° est engagé dans de durs combats dans le secteur de Sancy, Nanteuil la Fosse, au nord de Soissons (Aisne). Le 3 mai, le Lieutenant-Colonel Albert rend compte de destructions incomplètes réalisées par l'artillerie, "faute de munitions paraît-il", qui, écrit-il, complique singulièrement la mission de l'infanterie puisque "les guetteurs boches tirent sur tout ce qui se montre". Jusqu'au 10 mai, le 329°progresse sur le front qui lui est assigné, fait plusieurs prisonniers, mais perd de nombreux hommes (près de 100 tués dont 5 officiers, et près de 200 blessés).

De sa retraite lyonnaise, le 25 octobre 1917, Marie Maurice Albert se décide à écrire une longue lettre au Ministre de la Guerre et revient sur les motifs de son éviction.

Les médecins de bataillon lui reprochent "un esprit regrettable, une bonté qui recherche la popularité".

Le Lieutenant-Colonel s'explique :

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Plus loin :

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L'attitude du Général Taufflieb, commandant le 37° CA, est vivement critiquée par le Lieutenant-Colonel Albert :

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Marie Maurice Albert reconnait avoir eu une "véritable admiration" pour ceux qu'il appelle les braves gens qu'il commandait. Il recevait ceux qui le demandaient, veillait à l'exactitude des tours de permission. Il affirme avoir toujours réprimé sévèrement les manquements à la discipline, et souligne que les mutineries n'ont que très peu atteint le 329°.

Concernant la faiblesse de son commandement au feu, le Lieutenant-Colonel rappelle qu'il avait fait part de ses craintes au sujet de la prise de la tranchée de la Rave et de la carrière de Mennejean. Il accuse le Général commandant le 37° CA d'avoir cherché à se couvrir :

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et revient sur les succès enregistrés par lui-même :

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Marie Maurice Albert a pris le commandement du 329° en juillet 1916 en pleine bataille de la Somme, c'est sous son commandement que le 329° obtient l'honneur de porter la fourragère, parmi les tout premiers régiments.

Toujours sous son commandement, le 329° séjourne dans les tranchées au nord de l'Aisne ("séjour pénible" écrit son chef), enlève plusieurs villes durant sa progression au nord de Soissons, intervient en remplacement d'une autre unité en prenant une ferme située en dehors de sa zone d'intervention.

"Alors que beaucoup escomptaient une troisième citation à l'ordre de l'Armée pour le 329° et l'avancementpour moi-même, je suis mis à la retraite d'office" écrit-il, avant de poursuivre "ceux qui ont sévi contre moi sont les mêmes qui ont compliqué ma tâche...mes chefs connaissaient-ils le 329° et moi-même ?"

Il conclut cette longue lettre par une forte accusation à l'encontre de sa hiérarchie "on me refusait quelques hommes de renfort alors qu'on n'hésitait pas à en sacrifier inutilement plusieurs centaines malgré mes avertissements en les lançant au devant de mitrailleuses insuffisamment battues et non détruites, à travers des brèches dans les réseaux formant couloirs repérés, ou même sur des réseaux intacts".

Marie Maurice Albert est Officier de la Légion d'Honneur et a obtenu la Croix de Guerre.