1915 Pierre Blanchon 129e RI LL 1200 (blog)

 Pierre Marie Etienne BLANCHON est né le 29 juin 1894, à 6 heures du soir, à Versailles, alors dans le département de Seine et Oise.

 Il est baptisé dans la cathédrale Saint-Louis de Versailles.

 Après un court passage à l'école des frères, il fait ses études à l'Institution Notre-Dame de Grandchamp à Versailles, où il fait sa première communion le 12 juin 1904.

 C'est un très bon élève; son livret scolaire le définit comme un garçon intelligent, à l'esprit très vif. Il devient bachelier en philosophie.

 Il entre à l'Institut Catholique à Paris avec l'ambition de devenir inspecteur des finances.

C'est un sportif, qui aime le tennis, le patinage, le hockey sur glace, le tir à la carabine; il acquiert un vélo, et plus tard il possèdera une moto.

 Il se passionne pour l'aviation, qui n'en est qu'à ses balbutiements.

 Il vient de passer sa licence en droit quand la guerre éclate. Il est immédiatement appelé sous les drapeaux, faisant partie de la classe 1914.

 Sa fiche matricule le dépeint assez grand, 1m75, avec les cheveux bruns et les yeux gris-bleu.

 Initialement affecté dans une section de secrétariat d'état major, il se porte volontaire pour servir dans un régiment d'infanterie. Il rejoint le 129° régiment d'infanterie le 4 septembre 1914, et est nommé caporal le 14 novembre suivant.

 Quelques semaines plus tard, il arrive au 329°.

 En juin 1915, il se distingue au Labyrinthe en rassemblant, sous la mitraille, des hommes de sa compagnie en train de fuir, et reçoit les félicitations de son chef de bataillon.

 Début septembre, le régiment arrive dans la Meuse qu'il quitte le 18 pour gagner la Marne. Le 25, le régiment, alors en réserve de corps d'armée, reçoit l'ordre de participer à l'attaque de la butte de Tahure; le 29, le régiment est engagé, dès 4h00 du matin, contre des positions ennemies fortement organisées. Les tranchées sont défendues par un réseau de fils de fer barbelés; Pierre BLANCHON et 3 de ses camarades sont arrêtés à quelques mètres de ce réseau; blessé à une jambe, Pierre BLANCHON continue de se battre pendant encore près de deux heures, tuant deux mitrailleurs ennemis, avant de recevoir une balle dans la figure qui le blesse mortellement.

 Son corps ne sera pas retrouvé.

 Le caporal BLANCHON est cité à l'ordre de l'armée : "le 29 septembre 1915, au cours de l'attaque d'une tranchée ennemie, blessé mortellement devant le réseau de fils de fer jusqu'où il avait emmené ses hommes en plaisantant pour soutenir leur moral, refusa de se laisser enlever par eux pour ne pas exposer, leur dit-il, inutilement leurs vies".

 Le nom de Pierre BLANCHON figure sur le monument aux morts, et sur la plaque commémorative 1914-1918 de la cathédrale Saint-Louis de Versailles, ainsi que sur le livre d'Or de l'Institut Catholique de Paris.

Je remercie Monsieur Didier Segal-Saurel pour les documents et photos qu'il a eu l'amabilité de me faire parvenir.